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Top 25 : #8 John Starks, le Cœur de Fer !

Le Top 25 des meilleurs joueurs de l’histoire des Knicks reprend ! Nous arrivons maintenant vers les sommets de la franchise, où départager les joueurs n’est pas chose aisée. Aujourd’hui, nous allons vous parler d’un joueur qui a été bien difficile à classer, le guerrier de New-York, Le cœur de fer des 90’s Knicks, je veux bien évidemment parler du phénoménal John Starks.

Quand on pense aux Knicks des années 90, le nom du grand Pat’ vient automatiquement en tête, au point d’oublier l’impact énorme qu’a eu Starks sur cette fabuleuse équipe. Ewing était le symbole des New-York Knicks, “The Beast from the East”,  mais Starks était lui l’esprit dur et rugueux qui ne faiblissait jamais, un guerrier de l’ombre qui a su se faire une place dans l’une des plus grandes équipes de sa génération.

Néanmoins le parcours de Starks se reflète dans son jeu, son chemin vers le basket et la grande ligue fut semé de nombreuses embuches.

Genèse

Tout commence dans la ville Tulsa dans l’Oklahoma pour le jeune Starks, mais entre John et la balle orange, tout ne se passera pas comme prévu. Principalement joueur de réserve, ou pire, non sélectionné par les équipes, il ne foulera que très rarement les parquets. Va s’ajouter à cela un vol qui lui vaudra quelques jours de prison, une consommation de cannabis, et Starks sera régulièrement poussé vers la porte de ses lycées.

Sans diplôme, John décide alors de rentrer dans la vie active et trouve un travail dans une petite épicerie de sa ville. Mais conscient que cette situation n’était pas idéale, il s’inscrit l’été suivant au Junior College de Tulsa, pour entreprendre des études de commerce. Profitant de l’occasion pour se remettre au basket, il finit par être repéré par l’équipe de l’université d’Oklahoma State où il y terminera sa dernière année d’université.

John Starks à Oklahoma State.

A Oklahoma State, John Starks finira la saison avec en moyenne : 15.4 points à 49.7% au tir dont 38% à 3 points, 4.6 passes décisives et 4.7 rebonds par match en 32 minutes de jeu. Néanmoins ses performances seront insuffisantes pour pouvoir se présenter à la draft de 1988. Les portes de la grande ligue se ferment au nez du jeune basketteur, mais Starks n’était pas du genre à avoir peur d’emprunter des chemins sinueux pour arriver à destination.

1988 – Arrivée succincte en NBA

Si son année à Oklahoma State n’aura pas permis à Starks d’entrer en NBA par la grande porte, ses performances en université plus que correctes vont lui permettre de faire ses preuves chez quelques équipes. Il fera notamment quelques essais avec les Spurs, mais ce sont finalement les Warriors qui le signeront en septembre 1988 en tant qu’agent libre. Direction donc la baie de San Francisco pour notre jeune rookie !

Année Rookie aux Warriors.

Starks rejoint alors l’effectif coaché par Don Nelson, composé de Manute Boll, Chris Mullin, Terry Teagle et du rookie sélectionné en 5ème position lors de la dernière draft, Mitch Richmond. John ne jouera que très peu lors de la saison avec une moyenne 8 minutes par match, la faute à une équipe des Warriors qui cette année visait les Play-offs. Une blessure en fin de saison mettra un terme à l’aventure de Starks qui ne sera pas re-signé la saison d’après. Sans équipe, il décide de se tourner vers la ligue mineure, la CBA pour la saison 89-90.

1990 – Starks aux Knicks

John Starks ne le sait alors pas encore, mais les plus belles années de sa carrière sont devant lui. Toujours en CBA, Starks continue de performer avec son équipe et finit par se faire remarquer par un certain… Dick McGuire ! Ce nom ne vous est pas inconnu ? C’est normal nous en avions déjà parlé dans notre top 25.

Par l’intermédiaire de l’ancienne légende des Knicks, Starks réussit à faire des essais avec l’équipe pendant l’intersaison. Lors de son dernier entrainement collectif, le jeune basketteur cherchant à tout prix à impressionner les membres du staff, eut la brillante idée de dunker sur ? Eh bien sur Patrick Ewing ! Oui oui ! Bien évidemment tout ne s’est pas passé comme prévu, puisque lors de sa téméraire tentative Starks se blessa au genou.

 Je sais comment ça sonne aujourd’hui, mais sur le moment, ça avait l’air d’une bonne idée ! – Reverse #4 NEW YORK

Mais dans son malheur, on peut dire que notre cher John eut bien de la chance puisqu’il était impossible pour le staff de l’équipe de couper un joueur blessé. John Starks devint donc un joueur des New-York Knicks !  C’est à partir de là que le talent de Starks va exploser, un talent sublimé par un entrainement intense, panache des grands joueurs. En très peu de temps il va s’imposer comme un élément central de l’équipe, coaché par le mythique coach à la gomina Pat Rilley.

Première année aux Knicks.

Dans un effectif composé entre autres de Patrick Ewing, Charles Oakley et Anthony Mason, Starks va très vite adhérer à la philosophie rugueuse et défensive de l’équipe. Mais il est surtout une pièce offensive idéale pour l’effectif. Car oui, John Starks est une menace constante en pénétration et à 3 points, il détient même toujours le record de la franchise avec 982 3 pts marqués sous le maillot des Knicks.

1993 – L’envolée

Dès son arrivée à New-York, Starks ne va cesser de progresser. Lors de sa 3ème saison aux Knicks (saison 1992-1993), il enregistre déjà une moyenne par match de 17.5 points à 42.8% au tir dont 32% à 3 points, 5 passes décisives et 2.6 rebonds en 31 minutes de jeu. Il arrive second à très peu d’écart avec Chris Jackson pour le titre de Most Improved Player. Il rejoindra tout de même la All-Defensive 2nd Team, preuve de son adaptation au style défensive de l’équipe.

Les Knicks ayant terminé premiers de la conférence Est avec 60 victoires pour 22 défaites, arrivent confiants lors des play-offs. Ils éliminent à tour de rôle les Pacers de ce bon vieux Reggie Miller 3-1 puis les Hornets de Charlotte 4-1 avant d’arriver en finale de conférence face aux Bulls de Michael Jordan.

La rencontre s’annonce déjà mythique ! Les Knicks veulent leur revanche face à cette équipe des Bulls qui les avaient vaincus l’année dernière en demi-finale de conférence, lors d’une série très serrée, remportée 4-3 par Chicago.

John Starks vs Scottie Pippen.

Le premier match de cette finale de conf’ sera remporté par les Knicks 98 – 90. Lors du second match joué au MSG la tension est à son comble, les Knicks se doivent de garder l’avantage du terrain face aux Bulls. L’effectif de Pat Rilley est en mission et maitrise le match à la perfection. Au début du 4ème quart temps, les Knicks mènent 77 – 63  face aux Bulls. Mais face à Jordan rien ne se passe jamais comme prévu…

The Airness va réaliser une véritable partition offensive et permettre aux Bulls de revenir à 88 – 91 à 1 minute de la fin. La tension est à son comble, c’est John Starks qui remonte le ballon, conscient que cette possession est capitale pour son équipe. Patrick Ewing arrive en renfort et pose un écran pour permettre à Starks de libérer de l’espace. Par une habile feinte d’appuis Starks fait croire à B.J Amstrong qu’il va prendre l’écran d’Ewing, mais contre toute attente lance un drive fulgurant ligne de fond, élimine Amstrong, prend deux pas d’élan et claque un énorme Poster Dunk sur Horance  Grant et Michael Jordan. The Dunk est né.

The Dunk.

Les Bulls ne s’en relèveront pas et la rencontre se termine par une victoire 96 – 91 des Knicks !

Starks vient alors de réaliser la plus grande action de l’histoire du Madison Square Garden, ce Dunk est une consécration, l’un des points culminants de sa carrière. Encore aujourd’hui, cette action mythique reste gravée à jamais dans la mémoire de tous les fans de la franchise.

 Je ne peux pas passer une journée sans que l’on me parle de cette action.  – John Starks

Hélas, ce tour de force des Knicks ne suffira pas ! Jordan est intouchable et les Bulls finiront par l’emporter 4-2 lors d’un game 6 à Chicago avant d’aller chercher leur premier Three-peat.

1994 – Le Graal du bout des doigts

La saison suivante, les Knicks, toujours menés par Pat Riley, réalisent une nouvelle fois une saison régulière plus que correcte, finissant seconds de la conférence Est avec 57 victoires pour 25 défaites. John Starks est au point culminant de sa carrière, il enregistre une moyenne par match de 19 points à 42% au tir dont 33.5% à 3 points, 5.9 passes décisives, 3.1 rebonds et 1.6 interceptions en 34 minutes de jeu. Ses performances lui permettent même d’être sélectionné au All-Star Game pour l’unique fois de sa carrière.

All-Star Game 1994 à Minneapolis.

Les Knicks arrivent donc en Play-offs bien déterminés cette fois-ci, en l’absence de Michael Jordan, à concrétiser leur saison et à aller chercher le titre tant espéré ! Je ne vais pas vous détailler l’ensemble du parcours des Knicks lors de la saison 1993 – 1994 et des playoffs, puisque mon collègue Ryan s’en est déjà chargé dans un très bel article !

Les Knicks parviennent difficilement en finale où ils retrouvent les Rockets de Houston menés par The Dream, Hakeem Olajuwon. Le duel entre les deux équipes est titanesque mais les Knicks prennent l’avantage lors d’un game 5 crucial au MSG et se doivent de finir les Rockets au Texas.

New-York Knicks 1994.

L’ambiance est électrique, aucune équipe n’a alors encore réussi à dépasser les 100 points. On assiste à un véritable duel entre Ewing et Olajuwon. Les deux équipes débutent le dernier quart temps à 62 – 65 en faveur des Rockets, chaque possession compte !

John Starks réalise un superbe match à 27 points, il est le 2nd meilleur scoreur de la rencontre derrière The Dream à 30 points. À 7 secondes de la fin Houston mène de 2 points, 86 – 84, mais la possession est pour les Knicks ! Remise en jeu pour John Starks, Ewing vient poser un écran pour son coéquipier, on s’attend alors à un coup de génie comme en 1993. Starks prend l’écran d’Ewing, drive sur la gauche et enclenche son Jump-Shoot à 3 points. Malheureusement l’issue d’un match se joue parfois à pas grand-chose, une phalange aura suffi à Olajuwon pour dévier le tir. Le buzzer retentit, le match est terminé. Les Rockets reviennent à égalité.

Les Knicks et plus particulièrement John Starks ne sauront se relever de cette défaite. Ils s’inclineront 84 – 90 lors du game 7. Starks terminera la rencontre à 2/18 au tir dont  0/11 à 3 points, malgré toute sa volonté, ce soir-là, John avait perdu le mojo.

Hakeem Olajuwon block John Starks au buzzer.

1997 – Un sixième homme de luxe

En 1997, tout va changer pour John Starks et globalement les Knicks. Pat Riley est parti depuis maintenant deux ans. Les Knicks viennent de virer Don Nelson et d’engager Jeff Van Gundy au poste de head-coach et parviennent à signer l’arrière prodige Allan Houston ! Cette arrivée pousse Starks vers le banc, mais ce dernier accepte son rôle. Il enregistre une fiche statistique par match remarquable avec 13.8 points à 43% au tir dont 36.9% à 3 points, 2.8 passes décisives, 2.7 rebonds et 1 interception en 26 minutes de jeu. Il parvient même à décrocher le titre de Sixth Man of the Year pour l’unique fois de sa carrière.

John Starks, 6ème Homme de L’année 1997.

Les Knicks réaliseront une saison régulière plus qu’honnête terminant troisièmes de la conférence Est avec 57 victoires pour 25 défaites. En play-off après avoir sweep les Hornets au premier tour, ils s’inclineront brutalement en demi-finale 4-3 face au Heat de Miami après avoir mené 3-1 dans la série.

Fin de carrière

John Starks restera une saison de plus aux Knicks avant de servir de monnaie d’échange dans un trade avec les Warriors pour faire venir Latrell Sprewell à New-York. À Oakland il fera sa derniere belle saison avant d’être échangé en 2000… aux Bulls. Ce qu’il n’a logiquement pas très bien vécu, il sera heureusement coupé quelques semaines après et finira sa carrière aux Jazz où il franchira la barre symbolique des 10 000 points et 2000 rebonds en carrière !

 

2001, sous le maillot du Jazz.

 

 

Starks aura été pendant 8 ans le cœur des Knicks. Il est le symbole de la philosophie du basket de New-York, peu importe si tu as un physique quelconque, tant que tu joues dur tu as ta place sur le terrain ! C’était ça John Starks, un gamin entré par la petite porte et un homme sorti par la grande !

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