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Tom Thibodeau et l’obligation de s’adapter pour réussir

Après plus de 4 mois de recherches, de rumeurs et d’entretiens ; les New York Knicks ont trouvé leur futur head coach : Tom Thibodeau. Si l’annonce n’a pas encore été faite officiellement, l’ancien coach des Bulls et des Timberwolves devrait signer un contrat de 5 ans avec la franchise dans les prochains jours. Bonne idée ou mauvaise idée ? Voici une analyse détaillée de ses principes de jeu. 

Beaucoup de liberté en attaque

Si la réputation de Tom Thibodeau s’est créée au fil des années en défense, il a réussi à obtenir le 4ème meilleur Offensive Rating de la ligue avec les Timberwolves en 2017-18. Cependant, des interrogations subsistent de ce côté du terrain : Tom Thibodeau peut-il moderniser son attaque ? En effet, aucune de ses équipes n’a fini dans la première moitié de la ligue en terme de 3 points inscrits. De plus, il est aussi connu pour tirer sur ses joueurs en les faisant jouer énormément, sans matchs de repos. En 2017-2018, Karl Anthony Towns, Taj Gibson et Andrew Wiggins ont tous fini dans le top 14 de la ligue en termes de minutes jouées au total. Dans une ère qui valorise énormément le tir à longue distance, le load-management et la prise de pouvoirs des joueurs, les principes de Tom Thibodeau lui ont certainement causé sa perte à Minnesota (en plus de son travail en tant que GM qui a été mauvais). Après une année en dehors de la ligue, on peut espérer que les idées du tacticien ont évolué.

A l’époque des Bulls ou même des Wolves, Tom Thibodeau était réputé pour laisser beaucoup de liberté a ses joueurs en attaque, notamment à ses meneurs. C’est pour cela qu’il privilégie les meneurs capables d’attaquer le cercle et de créer des décalages par eux-mêmes. C’est notamment cette liberté qui a permis à Derrick Rose d’exprimer son talent en 2011 et de gagner son MVP. Quid de l’avenir de Frank Ntilikina ? Si le français ne rentre pas dans le moule du meneur idéal de Thibodeau, il ne fait aucun doute que le nouveau coach des Knicks appréciera ses qualités défensives. Ntilikina trouvera peut-être son bonheur dans un rôle de second porteur de balle ou de spécialiste défensif en sortie de banc. Ou alors Thibodeau a totalement revu ses principes de jeu, seul l’avenir nous le dira.

Une stratégie en défense pas adaptée à la NBA moderne ?

La réputation en défense de Tom Thibodeau était à son apogée après son passage aux Celtics en tant qu’assistant entre 2007 et 2010. Aux Bulls, son système a marché et a fait de Chicago l’une des meilleurs défenses de la ligue. Cependant, les équipes se sont adaptées et le jeu a évolué. Résultat : les Timberwolves ont eu la 27ème défense de la ligue pendant deux saisons sous Tom Thibodeau. Comment expliquer cette chute ? Explication.

Tout d’abord, le système défensif de Tim Thibodeau est basé sur une défense accrue du côté fort (strongside en anglais). Le strongside c’est le côté du terrain où le ballon se situe (opposé du weakside). En gros, la stratégie de Thibodeau est de mettre beaucoup de densité autour du porteur de balle en effectuant une sorte de zone qui n’en est vraiment pas une. Sur les picks and roll, le pivot recule dans la raquette afin de fermer l’accès au cercle (ce qu’on appelle du drop coverage) et le joueur qui défend le shooteur le plus proche se rapproche du porteur de balle afin de lui fermer la ligne du drive. Si cette défense ne forçait pas beaucoup de pertes de balles, elle forçait beaucoup de tirs contestés (grâce à des ailiers athlétiques avec de longs bras comme Luol Deng ou encore Jimmy Butler). Thibodeau a créé sa réputation avec cette tactique mais la NBA a changé et les équipes se sont adaptées. 

 

Tous les joueurs regardent le porteur de balle, le défenseur côté fort lâche un peu son joueur pour fermer l’accès au cercle à LeBron James.

 

Comment expliquer que cette stratégie soit passée de « référence » à « dépassée » en quelques saisons ? Tout simplement parce que le jeu évolue. Thibodeau a été rattrapé par le changement d’ère, une ère qui où le nombre de shoots à 3 points a explosé et le nombre de bons shooteurs avec. Dans une ère où chaque poste 4 sait désormais shooter (de manière plus ou moins efficace) et où même les postes 5 peuvent désormais rentrer des tirs longue-distance, la stratégie de Tom Thibodeau n’est plus efficace. De plus, cette défense autorise beaucoup de tirs dans le corner si l’équipe adverse est capable de bien faire la circuler la balle pour trouver l’extra pass. Et nous savons tous que le tir dans le corner est le meilleur tir en terme d’efficacité. Un vrai problème dans la NBA moderne.

Cependant pour relativiser, c’est possible que (comme pour l’attaque) Tom Thibdodeau ait profité de son année sabbatique pour revoir certains de ses principes. En défense, c’est même nécessaire, ce système a besoin d’être modernisé. De plus, les problèmes inhérents à ce système étaient encore plus mis en valeur chez les Timberwolves car Karl-Anthony Towns est un mauvais défenseur / protecteur de cercle et certains extérieurs (Jamal Crawford, Derrick Rose ou encore Jeff Teague) étaient très mauvais sur le périmètre en défense. Quand on additionne mauvais personnel et stratégie dépassée, les résultats ne peuvent pas être bons. Aux Knicks, Tom Thibodeau retrouvera certains spécialistes de la défense comme Mitchell Robinson, R.J. Barrett ou encore Frank Ntilikina. Il faudra désormais trouver le bon système pour les mettre en valeur… et les faire jouer régulièrement également.

 

 

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