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Steve Mills, l’ennemi public numéro 1 ?

Mis à part l’exercice 2012-13, les Knicks ne sont plus une franchise compétitive et respectée depuis maintenant près de 20 ans. Si tout le monde est d’accord pour dire que ce marasme est étroitement lié à l’arrivée de James Dolan en tant que propriétaire de la franchise en 2000, il y’a un autre visage qui symbolise très bien tout ça : celui de Steve Mills, actuel Président des Opérations Basket. Comment a t-il fait pour réussir à gravir les échelons au fil des années alors que toutes les autres personnes tombaient autour de lui ? Analyse d’un personnage important dans les coulisses du Madison Square Garden.

Arrivée dans la franchise

Steve Mills a rejoint la franchise en 2003 en tant que Sports Business President. Il s’occupait de la stratégie sportive et financière des Knicks mais aussi du Liberty en WNBA et des Rangers en NHL. Steve Mills s’est donc vite retrouvé en haut de l’organigramme en gagnant rapidement la confiance de James Dolan. Sa première (mauvaise) décision marquante a été la signature de Isiah Thomas en tant que General Manager en décembre 2003. Pas la peine de revenir sur l’ère Thomas tant elle a été en échec d’un point de vue sportive et médiatique avec les affaires d’harcèlement sexuel autour de l’ancienne gloire des Pistons. Suite à cette crise, Steve Mills et Isiah Thomas quittent la franchise en toute logique en 2009. Steve Mills rejoint l’entreprise de Magic Johnson et va y travailler pendant 4 ans en tant que partenaire. Durant ces 4 années, les Knicks connaissent certainement leur meilleure période du 21ème siècle avec notamment 54 victoires en 2012-13 et une défaite au second tour des Playoffs face aux Pacers.

Retour en 2013

En Septembre 2013, les Knicks annoncent le retour de Steve Mills dans la franchise en tant que GM à la place de Glen Grunwald. Après une saison 2013-2014 très décevante, Mills décide de se séparer de Mike Woodson, on retrouve là sa faculté à toujours trouver des fautifs autre que lui dans l’organisation alors qu’il est un (ou le) principal décisionnaire. La saison suivante n’est pas plus rassurante et les Knicks décident de donner les pleins pouvoirs à Phil Jackson en mars 2014, tout en gardant Steve Mills en tant que bras droit du Zen Master. L’ère Phil Jackson est globalement mauvaise. Même s’il a réussi à drafter Kristaps Porzingis et à ne pas échanger nos tours de draft (un exploit quand on est décisionnaire à New York), le fait de forcer le Triangle et les clashs médiatiques avec Carmelo Anthony ont eu raison de Phil Jackson et il quitte la franchise 6 jours après la draft 2017 et l’arrivée de Frank Ntilikina. Steve Mills dans tout ça ? Il n’est pas simplement gardé mais il est promu puisqu’il devient Président des Opérations Basket. Encore une fois, Mills a réussi à survivre à une crise dont il était pourtant un acteur majeur. Il y’a quelques semaines, Jeanie Buss (ancienne femme de Jackson) s’exprimait sur le mandat du Zen Master aux Knicks dans le NY Daily News :

 » Il aurait dû s’entourer de meilleures personnes, parce que parfois même les personnes les plus proches de vous sont capables de vous poignarder dans le dos. « 

Cette phrase était-elle destinée à Steve Mills et à sa capacité à écraser tout le monde sur son passage ? Il y’a de fortes chances.

Président des Opérations Basket depuis 2017 et le trade de Porzingis

Malgré sa présence et son influence dans les plus grandes crises de la franchise depuis 2003, Steve Mills a réussi à atteindre le poste tant convoité suite au départ de Phil Jackson. Désormais décisionnaire principal, il s’entoure de Scott Perry à qui il confie le poste de General Manager. Mais avant de choisir Perry et à quelques heures d’un meeting avec David Griffin (qui ne voulait pas travailler avec Mills pour sa réputation), Steve Mills décide de donner un contrat de 71 millions sur 4 ans à Tim Hardaway Jr. Une décision hallucinante qui a même surpris le principal intéressé, qui ne s’attendait jamais à recevoir une telle offre. Si Perry et Mills s’en sont bien sortis avec le trade de Carmelo Anthony (Enes Kanter, Doug McDermott et un second tour qui va devenir Mitchell Robinson en échange), le principal chantier se profile pour les deux hommes puisque Kristaps Porzingis arrive en fin de contrat rookie et qu’il vient de se blesser gravement au genou. Si les avis diffèrent autour de Porzingis, il ne fait aucun doute qu’il était le joueur le plus talentueux drafté par les Knicks depuis Patrick Ewing. Malheureusement, le letton avait des problèmes avec la franchise et ses décisionnaires, et pas que envers Phil Jackson. Il avait des doutes sur la faculté que les deux hommes auraient à construire une winning culture à New York. L’arrivée de David Fizdale devait permettre de renouer les relations entre le joueur et la franchise. Les voyages de Fizdale en Lettonie ne changea pas énormément la donne. Quelques mois après, Porzingis demandait un trade. Malgré ça, on sait désormais que cette demande de trade à été sur-vendu par certains médias car le letton aurait demandé un départ après avoir appris que Mills et Perry le vendaient à d’autres équipes (notamment les Pelicans) depuis plusieurs semaines.

Très vite après le meeting entre Porzingis et ses représentants, Steve Mills décide d’envoyer le jeune joueur à Dallas, accompagné de Tim Hardaway Jr et de Courtney Lee. En échange les Knicks ont récupéré un premier tour non-protégé, un protégé et Dennis Smith Jr. notamment. Pour résumer, Mills a baissé la valeur de Porzingis en le rattachant au contrat boulet (signé par Steve Mills lui-même je le rappelle) de Tim Hardaway. Alors oui, les Knicks à l’époque ont créé de la place sous le cap pour signer deux contrats max à l’été 2019, avec une grosse classe de free agents qui s’apprêtait à tester le marché. La suite on la connaît, les Knicks échouent dans leur quête de la superstar (au profit du voisin de Brooklyn) et signent des contrats courts à des joueurs comme Taj Gibson, Bobby Portis ou encore Marcus Morris. On est déjà revenu sur le site sur les dangers d’adopter une telle stratégie. Mills et Perry ont aussi énormément misé sur Julius Randle en lui donnant 63 millions sur 3 ans.

Après un début de saison catastrophique, où nous nous sommes rendus compte que l’équipe était mal construite et que certains joueurs avaient été surpayés, les Knicks décident de se séparer de David Fizdale. Mills a encore trouvé sa victime, ne remettant pas en cause la mauvaise construction du roster de sa part car voilà ce que Adrian Wojnarowski nous rapportait quelques semaines avant le départ de David Fizdale :

 » Cependant, Mills aurait fait comprendre à James Dolan que l’équipe avait le niveau pour être compétitive à l’Est et ne devrait pas avoir un tel bilan. « 

Encore une magnifique remise en cause de Steve Mills, qui n’est pas capable de voir le fit inexistant sur le parquet entre les joueurs qu’il a signé ou encore le niveau cataclysmique de Julius Randle. Cependant, il ne fait aucun doute que David Fizdale méritait de partir car même s’il n’était pas LE problème des Knicks, il était UN problème et n’a jamais rien fait pour améliorer sa situation. On peut notamment lui reprocher le manque d’identité des Knicks, des deux côtés du terrain. L’arrivée de Mike Miller sur le banc a changé les schémas mais n’a pas changé les résultats : les Knicks sont principalement une mauvaise équipe car les joueurs signés lors de la free agency ou draftés (Frank Ntilikina devant Donovan Mitchell et Bam Adebayo, Kevin Knox devant Shai Gilgeous-Alexander) n’ont pas le niveau. Et on va éviter de parler du niveau catastrophique de Dennis Smith Jr, pièce centrale du trade de Porzingis.

Si Steve Mills refuse toujours d’assumer ses responsabilités depuis 15 ans devant le marasme permanent que sont les Knicks, il est possible que l’homme vive sa dernière année au sein de la franchise.

S’il est difficile de renier les qualités politique de l’homme tant il a réussi à survivre à toutes les crises que les Knicks ont connu depuis 2003, il est aussi difficile de le qualifier de  » bon décisionnaire  » après tous ses mauvais choix. Si Steve Mills a toujours réussi à trouver un bouc émissaire, il semble avoir épuisé son stock de crédit auprès de James Dolan, au plus grand bonheur des fans des Knicks.

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