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FLASHBACK #2 – 1993/1994 NEW YORK KNICKS

Vous le savez maintenant, tout au long de la saison, Knicks France vous propose de revenir sur des saisons qui ont marqué l’histoire de la franchise mythique de Big Apple Aujourd’hui, zoom sur une des plus belles saisons all-time de l’histoire des Knicks : 1993-1994. The Beast from the East emmène enfin ses Knicks en finales NBA. La saison de tous les espoirs au Madison Square Garden. 

Le 6 octobre 1993, alors que les Knicks de Pat Ewing viennent de se faire éliminer 3 saisons de suite par Michael Jordan et ses Bulls, His Airness, usé mentalement par son threepeat et par l’assassinat de son père en juillet 93, annonce sa première retraite. Une triste annonce pour le monde du basket qui résonne toutefois comme une opportunité à saisir pour plusieurs joueurs et franchises. Parmi elles, les Pacers de Reggie Miller, les Rockets d’Hakeem Olajuwon, mais surtout les Knicks de Patrick Ewing, qui se mettent, à l’aube de la saison 1993-1994, à rêver du trophée Larry O’Brien. 

Pat Riley entame sa 3ème saison en tant que head coach d’une équipe des Knicks qui mise sur la continuité, après une saison à 60 victoires l’an dernier. Très peu de changements donc à l’intersaison, mais toujours cette même volonté de jouer les premiers rôles. 

Et c’est bien ce que vont faire les Knicks tout au long de cet exercice 1993-1994. Une saison légendaire ponctuée par 3 représentants au All-Star Game, des séries de Play-Offs mythiques, un Spike Lee au rendez-vous, et une cruelle défaite en 7 matchs lors des premières NBA Finals des Knicks depuis 1973. 

Retour sur 5 dates importantes de la saison : 

13 février 1994 : Une enseigne 3 étoiles à Manhattan 

 Non, le guide Michelin n’a pas fait de détour par New York pour y ajouter une adresse. L’enseigne 3 étoiles, c’est les Knicks, qui vont compter 3 joueurs de leurs rangs au All-Star Game de Minneapolis. Patrick Ewing, évidemment, mais également John Starks et Charles Oakley. Belle récompense pour une équipe ultra-défensive de New York qui réalise, une fois de plus, une belle saison (34-14 avant le All-Star Game, 57-25 à la fin de la saison) pendant les années Ewing (13/15 saisons en PlayOffs avec le jamaïcain au poste 5). Envoyer 3 joueurs au All Star Game n’a rien d’anodin, qui plus est à New York. La dernière fois que les Knicks avaient envoyé 3 joueurs au All Star Game, nous étions en 1973 et la franchise de Big Apple soulevait le trophée Larry O’Brien en fin de saison. Comme un symbole, la franchise new-yorkaise n’a jamais semblé aussi proche du titre ces 20 dernières années. 

29 mars 1994 : March Madness 

 Malgré l’absence pour cause de blessure de John Starks et le match timide (du moins plus qu’à l’accoutumée) de Pat Ewing, les Knicks vont s’en remettre à un match XXL de leur 3ème All-Star Charles Oakley (22pts, 17rbds) et de leur energizer numero uno en sortie de banc Anthony Mason (17pts, 11 rbds) pour battre 106-95 les Hornets d’Alonzo Mourning, Larry Johnson et Muggsy Bogues. À priori, rien d’exceptionnel, seulement une victoire de 11 pts face à une équipe dans le négatif. Oui mais voilà, il s’agit de leur 14ème victoire en autant de rencontres lors du mois de mars. Une série exceptionnelle qui ira même jusqu’à 15 après une victoire au tout début du mois d’avril face au Heat. 14-0 donc lors du mois de mars 1994 pour des Knicks qui affirment leur statut de favori de la conférence Est, les Bulls étant orphelins de leur meilleur joueur all-time

22 mai 1994 : Sans Michael, la fête est plus folle 

Soulagement au Madison Square Garden, après une victoire 87-77 lors du Game 7 des ½ finales de conférence. Les Knicks brisent une malédiction de 3 ans à s’incliner inlassablement face aux Bulls de Jordan et Pippen. Seulement, cette année, pas de numéro 45 23 côté Bulls, l’ancien de North Carolina ayant décidé de troquer ses sneakers pour une batte de baseball. Et ça change absolument tout, malgré des Bulls qui ne lâcheront rien, emmenés par un Scottie Pippen stratosphérique (20pts, 16rbds, 5pd), les Knicks passent bel et bien l’obstacle Chicago, et s’offrent une finale de conférence face aux Pacers après un gros match de Patrick Ewing (18pts, 17rbds, 6pd), et de Charles Oakley (17pts, 20rbds). New York n’est plus qu’à 8 victoires du bonheur. 

1er juin 1994 : The Choke Sign 

C’est un soir qui a contribué à la légende de la NBA, mais aussi à celle des Knicks et à celle de Reggie Miller. Recontextualisons : Pacers et Knicks se rendent coup pour coup dans une bataille épique qui voit les deux franchises dos à dos deux partout, à l’aube d’un Game 5 mémorable. Si Reggie Miller reste plutôt discret à travers le boxscore dans un premier temps (14pts avant le 4ème QT), ce n’est pas le cas, comme à son habitude, dans le trashtalking. Ce match fût une véritable guerre entre Miller et le Madison Square Garden, entre Miller et Spike Lee, entre Miller et New York. Le MSG, lance des chants “Cheryl, Cheryl” pour rappeler à Reggie Miller qu’il n’est que le deuxième meilleur joueur de basket de sa famille après sa sœur. Spike Lee, au premier rang, se lève et crie sur Reggie Miller qui lui assène des regards après chaque shoot planté. Reggie Miller va alors prendre feu. Alors que les Knicks mènent 70-58, le shooting guard d’Indiana va inscrire 25 points dans le seul quatrième quart-temps en mimant l’étranglement pour faire comprendre à Spike Lee que les Knicks suffoquaient. Fin du match, victoire irréelle des Pacers qui mettent les Knicks dos au mur, n’ayant plus le droit à la défaite. Heureusement, les Knicks remporteront le Game 6, puis le Game 7 avec une ligne de statistiques folle pour le numéro 33 new-yorkais (24pts, 22rbds, 7pd, 5blk) pour filer en finales NBA. Cependant, cet affrontement et la tension générale qui s’en dégage marque le début de la rivalité Knicks – Pacers des années 90, qui se solderont par des affrontements en PlayOffs en 1994 donc, mais également 1995, 1998, et 1999. 

22 juin 1994: The Dream vs. The Beast10 ans après 

Flashback dans le flashback ! Nous sommes le 2 avril 1984, les Hoyas de Georgetown battent les Cougars de Houston lors des finales universitaires. Ewing sort vainqueur de cette première finale face à Olajuwon. Seulement, 10 ans plus tard, en 1994 et lors des finales NBA et non pas NCAA, c’est bel et bien Hakeem qui sort vainqueur de ce duel, encore en 7 matchs. Une victoire, voilà ce qu’il aura manqué à ces Knicks de 1993-1994 pour être champions NBA et permettre à Patrick Ewing de ne pas avoir cette étiquette de magnifique perdant. Les Knicks menaient pourtant 3-2 dans cette finale mais n’auront pas su conclure cette série et cette campagne sublime.  

Les Knicks reviendront l’année suivante dans ce même statut de favori mais s’inclineront en ½ finales de conférence face à des Pacers revanchards. Après cela, compliqué de garder cette même exigence avec un Ewing vieillissant mais surtout avec des Bulls qui retrouvent le(ur) GOAT, Michael Jordan.

SEASON KEY : LA DÉFENSE 

 Tout le monde connaît la célèbre quote de Michael Jordan : “L’attaque fait lever les foules mais la défense fait gagner des titres”. Si les Knicks n’ont pas été sacrés en cette année 1994, ils avaient pourtant bien compris l’idée qu’évoquait Jordan. On parle tout simplement de la meilleure défense et du meilleur defensive rating (98,2) de la ligue. Une défense orchestrée notamment par 4 éléments clés : Patrick Ewing, Charles Oakley, John Starks, et Pat Riley. 

Patrick Ewing : 5ème des votes pour le titre de MVP, leader de la défense new-yorkaise, on ne présente plus le meilleur joueur de l’histoire des Knicks. (11,2 rebonds, 2,7 contres et 1,1 interceptions par match pour le natif de Kingston, Jamaica. Loué pour ses qualités offensives, le numéro 33 n’en reste pas moins un protecteur d’arceau remarquable, un pivot dur sur l’homme, bref, un gros défenseur. Aujourd’hui encore, il est le 26ème meilleur rebondeur et 7ème meilleur contreur all-time, devant le Shaq. Ça vous place un homme. 

Charles Oakley : 7ème des votes pour le titre de DPOY, élu dans la 1st team All-Defense, et deuxième moitié des tours jumelles dans la raquette de New York. Il compile en 1993-1994 près de 12 rebonds et plus d’une interception par match. Leader vocal de défense, il est le complément parfait de Patrick Ewing. Il est une véritable légende de la franchise de Manhattan avec 10 saisons à Big Apple, qu’importe ce qu’en pense James Dolan. 

John Starks :  Au-delà de son apport offensif, Starks était un véritable pittbull guard à qui aucun joueur ne souhaitait se frotter. S’il n’est pas élu dans une des deux All-Defensive Team en 1994, il le fut, dans la seconde, l’année passée. Une arme défensive sur le backcourt, pour aider les deux monstres défensifs du frontcourt. 1,6 interceptions par match pour la légende new-yorkaise, sa meilleure moyenne en carrière. 

Pat Riley : Une bonne défense nécessite logiquement de bons joueurs défensifs. Mais avant tout, elle nécessite un coach. Un chef d’orchestre capable d’inculquer et de dicter un type de défense à ses joueurs. Pat Riley, avant d’être un des plus grands coachs de tous les temps, est un coach ultra complet. Capable de passer de l’ultra-offensif Showtime des Lakers à la muraille défensive des Knicks, il s’adapte et sait comment tirer le meilleur des atouts de ses joueurs. Adepte du travail acharné (un des premiers notamment à avoir utiliser la vidéo pour étudier ses adversaires), il a imposé la culture défensive si chère au Garden, qui explique aujourd’hui encore l’amour que peuvent porter les fans à certains joueurs comme Frank Ntilikina, malgré leur apport offensif limité. 

Une saison aussi magnifique que cruelle donc, pour le grand Pat Ewing et ses Knicks, qui échouent à une victoire du titre. Ewing, malgré une seconde finale en 1999, restera un des plus grands beautiful losers de l’histoire de la NBA avec The Answer Allen Iverson ou encore Karl Malone pour ne citer qu’eux. Un statut et un amour particulier pour le numéro 33 qui en font, aujourd’hui encore, le meilleur joueur de l’histoire de la franchise pour 90% des fans. 

 

Reggie Miller vs Spike Lee 

 

Game 7 Houston Rockets vs New York Knicks 

 

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